La contrôleuse générale des lieux de privation de libertés dénonce les conditions indignes de prise en charge des patients nécessitant des soins psychiatriques dans les services d'urgence des hôpitaux généraux ou psychiatriques en Ile de France
Haute-Savoie
10 septembre 2026
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Ce constat part du contrôle d'une dizaine de services d'urgences en Île-de-France, dont ceux de la Pitié-Salpêtrière, l'hôpital européen-Georges-Pompidou ou encore celui du Kremlin-Bicêtre.
La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, dénonce jeudi 10 septembre, dans des recommandations consultées par franceinfo et France Inter, les conditions "indignes" de prise en charge des patients nécessitant des soins psychiatriques dans les services d'urgence des hôpitaux généraux ou psychiatriques.
Les équipes de Dominique Simonnot ont contrôlé une dizaine de services d'urgences d'Ile-de-France, dont certains hôpitaux parisiens prestigieux comme Cochin, Robert-Debré, Necker-Enfants malades, la Pitié-Salpêtrière, l'hôpital européen Georges-Pompidou, ou encore le Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). Ils ont constaté une prise en charge "défaillante" des patients. La contrôleuse pointe notamment un temps d'attente trop long, entre vingt et quarante heures avant d'être hospitalisé, des locaux indignes et pas adaptés, ou encore des patients retenus arbitrairement.
Une fois hospitalisés, ces patients "se retrouvent contentionnés sur un brancard aux urgences", témoigne Dominique Simonnot sur franceinfo. Ils sont "ficelés", "attachés par cinq points, ventre, chevilles, poignets" et "jusqu'à neuf jours". "Comment vous faites pour satisfaire vos besoins naturels", s'indigne la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté. "C'est la pire des atteintes à la liberté d'aller et venir. Comment voulez-vous qu'on ait confiance dans les soins qui vous sont administrés ?"
"Il manque 30 à 40% de soignants en psychiatrie"
Selon Dominique Simonnot, les principales causes de ces "défaillances" sont le manque de lits dans les services psychiatriques et le manque de soignants aux urgences. "Il manque 30 à 40% de soignants en psychiatrie", assure-t-elle.
"Les services manquent de soignants", constate également sur France Inter Emmanuelle Rémond, la présidente de l'Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam). "Quand les personnes sont traitées de manière aussi indigne, les soignants ne veulent pas aller dans ces services", explique-t-elle. Emmanuelle Rémond plaide pour que "tous les soignants se forment à accueillir de manière différente".
Dominique Simonnot estime ainsi qu'aux urgences, certaines situations de rétention arbitraires représentent une atteinte aux droits fondamentaux des patients, en dehors de tout cadre légal. Ces "recommandations en urgence, relatives à l'accueil, l'attente et l'orientation des patients à présentation psychiatrique dans les services d'accueil des urgences des hôpitaux de Paris et de la petite couronne", sont publiées au Journal officiel jeudi. Elles ont été transmises aux ministres de la Santé, de l'Intérieur et de la Justice le 24 juillet. À ce stade, aucun des ministères n'a répondu à Dominique Simonnot.