Pénurie de psychotropes en France en 2025
235 adhérents UNAFAM ont répondu à un questionnaire sur la pénurie de psychotropes en France en 2025. Leurs réponses vont être transmises à l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), acteur public qui gère au nom de l'état l'accès aux produits de santé en France.
Analyse des résultats
Parmi l'ensemble des répondants, vous étiez 90% à être un proche d'une personne avec un trouble psychique et 10% à vivre personnellement avec ce trouble. La majorité des répondants étaient âgés entre 26 et 60 ans (35% entre 26 et 40 ans, 39% entre 40 et 60 ans). En majorité, la prescription médicamenteuse de votre proche ou votre prescription concernait un médicament pour un tiers d'entre vous, deux médicaments pour un autre tiers, trois médicaments pour un quart d'entre vous.
La moitié d'entre vous, en tant que répondant, a été touchée par la pénurie, et cela a concerné toutes les régions en France.
La pénurie a concerné pour environ 30% un neuroleptique régulateur de l'humeur (principalement, quetiapine), 20% des médicaments neuroleptiques non régulateurs de l'humeur (risperidone, cyamémazine, chlopromazine, paliperidone), 20% un régulateur de l'humeur (principalement, le lithium), 30% un traitement antidépresseur (sertraline et venlafaxine surtout), également un peu de methylphénidate.
La difficulté d'approvisionnement a été, pour quasiment tous, dûe à des problématiques de rupture de stock en pharmacie (90%), avec la nécessité d'aller dans plusieurs pharmacies pour trouver le médicament pour deux tiers d'entre vous, ou un délai inhabituellement long pour obtenir le traitement pour un tiers. Un certain nombre d'entre vous ou de vos proches a dû changer de forme ou de dosage (16%), voir de médicament (11%).
L'information a été donnée en grande partie par la pharmacie (90%). Elle n'a été donnée par le psychiatre que pour 20% d'entre vous. Sinon, ce sont les médias (17%), internet (10%) ou les associations (6%), qui ont transmis cette information.
En absence de médicament, la pharmacie n'a donné le nom d'une autre pharmacie, qui avait le traitement, que dans 62% des cas, et encore par toujours. Or la majorité des pharmacies disposent d'un logiciel leur permettant de chercher dans la région quelles pharmacies sont approvisionnées dans les différents médicaments.
Dans 60% des cas, le médicament a pu être trouvé dans une autre pharmacie. Les hôpitaux psychiatriques ont pallié la pénurie dans 7% des cas, les hôpitaux généraux dans 5%. Vous avez souvent géré comme vous pouviez la situation de pénurie en constituant des stocks (16%) ou en bénéficiant de l'aide de quelqu'un qui avait assez de médicament pour vous dépanner (11%). Dans 16% des cas aucune solution n'a été trouvée. Un cinquième d'entre les personnes concernées a été contraint de changer de traitement.
Vous êtes nombreux à rapporter un impact sur votre proche ou sur vous en tant que personne concernée, avec beaucoup d'anxiété dans 80% des cas, une adaptation psychique ou physique difficile à un nouveau traitement (20%), une insomnie (12%), une rechute (12%) et même une hospitalisation (8%), avec des erreurs rapportées dans les prises avec le nouveau traitement pour certains.
En tant que proche aidant, vous rapportez un retentissement de la pénurie sur vous dans trois quart des cas, avec principalement du stress, une anxiété importante, avec pour certains d'entre vous la prise de psychotropes pour pouvoir gérer cette anxiété, voir des épisodes dépressifs secondaires, la peur de ne pas trouver de solution, la peur d'une rechute de votre proche, un sentiment de solitude et d'abandon par les pouvoir publics, le sentiment d'un retour en arrière de plus de 10 ans dans la prise en charge de votre proche, un investissement important pour la recherche d'une pharmacie qui pouvait délivrer le traitement, le sentiment de subir des enjeux financiers qui vous dépassent, la tristesse de constater la rechute de votre proche et ses efforts d'intégration réduits à néant.
La pénurie s'est résolue progressivement à partir de l'été pour la moitié d'entre vous, mais 20% d'entre vous rapportez qu'elle n'est pas encore finie pour ce qui vous concerne, votre proche ou vous. Nous restons donc vigilants pour vous défendre auprès de nos instances.