Lettre de la Présidente : Nos proches sont des citoyens comme les autres
6 juillet 2026
Lettre de la Présidente
Chers adhérents,
Vous l’avez constaté comme moi, la parole sur les problèmes de santé mentale se libère dans notre pays. L’événement le plus marquant fut le témoignage de Nicolas Demorand, présentateur de la Grande matinale sur France Inter, qui rendit public sa bipolarité à l’antenne et dans un livre, pour « casser le mur de la honte », disait-il. Nous le connaissons bien ce mur de la honte qui accable nos proches et par extension nous-mêmes.
Depuis trois semaines, le journaliste, éloigné des micros à cause d’une sévère rechute, a mis en ligne un podcast Si besoin. En six épisodes, il raconte sa rechute, puis donne la parole à des psychiatres et à des aidants. Nous avons été sollicités pour cet épisode, et je remercie l’adhérente qui a accepté de témoigner. En deux semaines, le podcast a franchi le million d'auditeurs. Quel succès, mais aussi quelle impérieuse nécessité de briser le silence, de valoriser le rôle des aidants, de bousculer les politiques.
Nous avons des alliés dans ce combat : Jean-Luc Roelandt est l’un d’eux. Il découvrit la psychiatrie dans les années 80, lors d’un stage d’externat en médecine, à 22 ans, dans l'asile de femmes à Bailleul, près de Lille. « Je fus suffoqué d’indignation », dit-il. Il se mit au travail avec une conviction : les personnes malades sont des citoyens comme les autres. Je vous invite à visionner le film qui retrace cette histoire : l’Odyssée de la psychiatrie citoyenne. Il est accessible gratuitement en ligne.
Ce passionnant documentaire qui dure 1h30, – une durée propice pour des vacances d‘été – montre, à l’appui d’images d’archives, le virage de la psychiatrie citoyenne : des hospitalisations les plus brèves possible, sans contention ni isolement, des logements sociaux visités par des équipes mobiles, une insertion professionnelle, des pair-aidants, des familles accueillies et orientées, si elles le désirent, vers l’Unafam. Aujourd’hui l’EPSM de Lille Flandres est centre collaborateur de l’OMS, le seul en France pour la santé mentale. Sa mission ? Diffuser les bonnes pratiques. Pourquoi ? Parce que c’est possible. « On veut transmette des valeurs qui fassent le socle d’une transformation des pratiques de soin » explique Deborah Sebbane qui a succédé à Jean-Luc Roelandt. Cette conviction est aussi la nôtre.
Je vous souhaite un bel été,
Emmanuelle Rémond, Présidente
