Délégation 26 - Drôme

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Yannick Noah veut briser le tabou des maladies mentales 01

Yannick Noah en est convaincu : « Créer des lieux où chacun puisse trouver de l’information » sur la maladie mentale est vital

L’ancien champion de tennis, et chanteur, est le parrain du Psychodon, un concert caritatif organisé le 12 juin à L’Olympia au profit de la lutte contre les pathologies psychiques. Il nous explique pourquoi. « Ose », « Où es-tu ? »… Pour le Psychodon qu’il parraine, Yannick Noah sait ce qu’il chantera et ce qu’il ne chantera pas. Pas question ce soir-là de groove endiablé. « Enfin, on verra en fonction de l’ambiance, il ne faut pas que cela soit trop plombé », sourit l’ex-champion de tennis.

Faire bouger les lignes, briser ce mur invisible dont sont prisonniers les malades, les familles, faire entendre la voix des médecins qui leur viennent en aide, pour Yannick Noah, cette soirée à l’Olympia, le 12 juin, est importante. Psychodon, vivre la maladie psychique », c’est ce qui sera affiché en lettres rouges sur la mythique façade. La maladie psychique, le vainqueur de Roland Garros en 1983, connaît.

Un proche de Noah souffre de maladie mentale Elle fait partie de sa vie. Un de ses proches en souffre. Alors quand Didier Meillerand, l’organisateur de ce concert caritatif et auteur du livre « La poire en bois : grandir avec un frère schizophrène » (éd. Le texte Vivant), lui a proposé de parrainer cette seconde édition du Psychodon, le chanteur n’a pas hésité longtemps. « On s’est rencontré il y a quatre à cinq mois, un peu par hasard. En discutant avec Didier, en lisant son livre, cela fait écho. J’ai ressenti tout ce que je pouvais vivre, raconte le chanteur, les difficultés qu’il y a à en parler, à trouver les bons mots, les bons moments, la bonne personne. »

Bipolaire, schizophrène… Aujourd’hui encore, ces mots font peur et résonnent d’une manière violemment stigmatisante. « On les perçoit comme durs et humiliants, en les entendant, on se raidit, alors qu’ils veulent juste dire ce qu’ils veulent dire, relève Yannick Noah. Il y a un manque d’information, beaucoup d’ignorance », constate-t-il. Alors pour apporter sa petite pierre, il a décidé de briser le tabou, avec pudeur, un peu aussi comme un naufragé qui jette une bouteille à la mer.

« Il faut se battre contre le mur du silence » « La lumière peut être éblouissante. C’est fragile, très fragile… » souffle-t-il. La démarche pour lui n’est pas simple. Elle comprend sa part de doute, de douleur. Avant de rencontrer Didier Meillerand, le chanteur était enfermé dans le huis clos familial : « C’est la première fois de ma vie que j’évoquais avec quelqu’un de l’extérieur mon souci », lâche-t-il.

S’il s’est résolu à rompre le cercle, ce n’est pas tant pour lui-même que pour les autres. D’abord pour les malades « qui sont ceux qui souffrent le plus », mais aussi pour leur entourage, amis, familles qui peinent à comprendre, culpabilisent, peuvent avoir honte du regard des autres. « Les familles sont en souffrance. Elles gèrent et c’est un combat de tous les jours. Mais entre le moment où elles comprennent qu’il y a un problème, les silences, parfois le déni et le traitement, c’est trop long, on pourrait faire mieux. Il faut se battre contre le mur du silence, créer des lieux où chacun puisse trouver de l’information. C’est pour cela que je participe au Psychodon. Si cela peut créer un déclic, un élan, tant mieux. »