Communiqués12 décembre 2008 - Soins psychiatriques : Comprendre l'émotion, garder la raison COMMUNIQUÉ DE PRESSE Soins psychiatriques : La visite du Président de la République dans un établissement de soins psychiatriques est une première à laquelle les organisations signataires ont été sensibles et chacun mesure l¹importance de cet événement dans l¹histoire de la psychiatrie française. Toutefois, la focalisation excessive de l¹allocution du Président de la République sur les seules questions d¹ordre public et de sécurité a beaucoup surpris l¹assistance rassemblant les représentants des usagers patients, familles et de la communauté professionnelle. Aussi, les organisations signataires souhaitent rappeler que la sécurité de tous patients, familles, concitoyens, soignants est l¹une des préoccupations constantes de la pratique soignante en psychiatrie. Dans une mission de soins, elle y prend place d¹une manière naturellement différente de celle des magistrats et des policiers mais les professionnels concernés savent que la maladie mentale peut porter la violence, surtout lorsqu¹elle est mal soignée. La mesure et la prudence sont également de mise quant à la communication publique sur ces sujets, qui peut avoir un fort retentissement sur des personnes fragiles et suggestibles. Plus généralement, il importe de souligner que l¹immense majorité des 1 500 000 personnes qui chaque année ont recours aux services de psychiatrie ne présente aucun danger, vivent dans la cité et sont avant tout des concitoyens qui souffrent de leur pathologie, leurs fragilités les exposant en outre à être onze fois plus victimes de crimes violents que la population générale (Rapport de la Commission Violence et Santé Mentale- Anne Lovell mars 2005). L¹indication dans le discours présidentiel que les maladies mentales se situeraient aujourd¹hui dans une trilogie de lieux possibles hôpital, rue ou prison reflète insuffisamment cette réalité. C¹est pourquoi, dans un esprit constructif qui permette de lever les malentendus et de promouvoir des soins psychiatriques de qualité qui sont le meilleur moyen de prévenir la violence et la première sécurité des patients, de leurs proches et de leurs concitoyens, les organisations signataires souhaitent formuler un certain nombre d¹axes de réflexion et de propositions pouvant faire l¹objet d¹un futur projet de loi : - Une explicitation de la politique en psychiatrie et santé mentale doit être mise en ¦uvre par les pouvoirs publics dans une approche globale intégrant les travaux de la Commission Couty et une réforme sanitaire de la Loi de 1990 veillant à un juste équilibre : qualité des soins, respect des libertés individuelles et légitime souci de sécurité de nos concitoyens. A cet égard, la possibilité de soins sans consentement en ambulatoire et la création de 4 UMD évoquées dans le discours du Président répondent à un réel besoin d¹adaptation de notre dispositif de soins et de prévention. - Une poursuite de l¹humanisation des hôpitaux psychiatriques en matière de réhabilitation des locaux et des infrastructures dans une cohérence d¹ensemble où les moyens de sécurité matériels ne remplaceront jamais un personnel compétent en nombre suffisant. - Une spécialisation des personnels infirmiers qui depuis 1992 expriment un grand besoin de formation complémentaire et qui pose réellement la question de la transmission du savoir faire infirmier en psychiatrie. - Des mesures spécifiques concernant la démographie médicale dans une discipline exigeant une couverture territoriale s¹articulant avec l¹ordre public et le respect des libertés individuelles, et où le niveau de technicité doit être à la hauteur de la gravité des décisions à prendre et des responsabilités engagées. - Un soutien effectif des familles et des proches aidant les personnes malades. Liste des contacts des organisations participantes :
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