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Psychiatrie : Nous sommes tous partie prenante !

le 22 février 2019 -

Ces dernières semaines, des drames ont marqué l’actualité. Ils renvoient à chacun de nous des questions : comment les éviter ? Comment en parler ? En quoi la psychiatrie est-elle responsable des soins à prodiguer ? En quoi la société a-t-elle un devoir d’accompagner ? Ces questions sont nôtres parce que nous sommes partie prenante.

Il n’y a pas de réponses en noir ou blanc. Nous connaissons la complexité des parcours individuels. Cette complexité est à la fois cause et conséquence de la stigmatisation dont sont victimes les personnes vivant avec des troubles psychiques. Cette stigmatisation s’étend à leur entourage, aux soignants et aux lieux de soins.

Dans son rapport sur le financement de la psychiatrie, Martine Wonner écrit : "La psychiatrie hospitalière est la fois sous-dotée et mal financée". De nombreux rapports ont été écrits, des commissions mises en place, des solutions proposées, mais la psychiatrie reste divisée et n’arrive pas à penser une stratégie globale intégrant ce que peuvent apporter les sciences biomédicales et les sciences sociales aux soins et au "prendre soin".

Dans un communiqué de presse avec nos partenaires nous avons rappelé toute l’importance que revêt le projet de loi de transformation du système de santé. Nous avons remis l’accent sur la nécessité d’améliorer la structuration de l’offre de soins au service des patients, et sur les nécessaires cohérences et complémentarités entre l’offre de soins, le secteur médico-social et l’intégration dans la cité.

En effet, la sous-dotation du sanitaire s’étend au médicosocial et au social. Est-elle une conséquence de la stigmatisation accrochée à la maladie mentale (83% du grand public, 70% des conseillers départementaux et 77% des personnels de santé hors de la psychiatrie considèrent la schizophrénie comme "dangereuse", selon le Grand Baromètre de la Schizophrénie de 2018) ? Au travers de ces chiffres nous voyons que la stigmatisation n’est pas que le fait des média, même si ils y contribuent. L’incapacité de chacun à se projeter dans ces maladies alors qu’une personne sur 4 est touchée par des troubles psychiques doit nous faire réfléchir sur les moyens que nous, associations de familles, devons mettre en œuvre pour soutenir la déstigmatisation. Une maladie psychique, comme toutes les maladies, cela se soigne en tenant compte des spécificités qui lui sont liées, et comme pour toute maladie, il faut soigner tôt, avant que les symptômes altèrent trop la perception du réel, avant que le handicap fonctionnel devienne important, avant que les personnes, faute de soins et d’accompagnement, occupent les couloirs du métro ou se retrouvent en prison.

C’est pourquoi en ces semaines des Semaines d’Information sur la Santé Mentale (SISM), vos engagements de bénévoles pour contrer les idées fausses, avec l’appui de vos partenaires, sont si importants. C’est pourquoi nous nous sommes engagés pour déployer les premiers secours en santé mentale (PSSM) auprès du plus grand nombre. C’est pourquoi nous avons développé une offre pour les familles confrontées à des troubles du comportement de leur enfant. C’est pourquoi nous élargissons nos offres de formation en direction des aidants. C’est pourquoi il nous faut promouvoir et soutenir la parole des personnes concernées. Avec tous, nous pouvons ouvrir des chemins pour sortir des a priori et construire des conditions propices pour que chacun vive selon ses choix et ses capacités sa propre vie de citoyen .