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Lettre de la Présidente octobre 2018 : Protéger les droits des personnes vivant avec des troubles psychiques, malgré les vents contraires

le 26 octobre 2018 -

La Convention internationale relative aux droits des personnes en situation de handicap (CIDPH) ne crée pas de droits nouveaux mais réaffirme un égal accès des personnes handicapées à tous les droits civils, politiques, économiques, sociaux, culturels et autres.

Elle décrit les mesures que les États sont tenus de prendre pour garantir aux personnes handicapées le plein exercice de ces droits sur la base de l’égalité avec les autres. Elle a été ratifiée par la France en 2010. Mais, la France est encore loin du compte, comme le souligne un rapport du conseil français des personnes handicapées pour les questions européennes, qui remet en cause la politique du gouvernement au regard de cette convention.

Dans notre projet associatif nous avons réaffirmé au travers de l’un de nos 6 objectifs stratégiques que la mise en œuvre effective des droits fondamentaux des personnes vivant avec des troubles psychiques est une priorité. C’est dans ce contexte que des bénévoles, aidés de salariés, travaillent à rendre effectif ces droits et poursuivront ces actions afin que ces personnes ne soient pas les oubliées des mesures annoncées lors du CIH 2018.

Au sein des instances consultatives et prospectives de l’association (ou groupes de travail) ils assurent une veille, réfléchissent, proposent, amendent des textes de lois, siègent dans les commissions nationales, rencontrent les décideurs des politiques publiques, participent avec d’autres associations du champ du handicap aux actions menées par les pouvoirs publics pour une transformation du système de santé et une transformation de l’offre médicosociale…Ces actions se déclinent également en local et vous êtes nombreux à être engagés dans les conseils territoriaux de santé (CTS) et leurs commissions spécialisées santé mentale après avoir participé à l’élaboration des projets régionaux de santé (PRS).

Cette mission de défense des intérêts communs que nous assumons sans aucune contrepartie financière, souvent seuls, bénévoles entourés de professionnels (professionnels des ministères, institutions, établissements de santé, du médicosocial ou du social…), n’a pas été reconnue par nos financeurs. Nous avons ainsi perdu 1/3 de notre subvention DGCS (Direction générale de la cohésion sociale).

Nous réaffirmons ici que pour être force de proposition, participer activement aux réflexions stratégiques, l’Unafam conduit auprès de ses bénévoles des actions d’informations, de formations, de réflexions autour de sujets aussi importants que l’accès aux soins, au logement, à l’emploi, à l’éducation, à la parentalité, à la citoyenneté. Nos actions de plaidoyer sont inscrites dans une démarche constructive. Mais pour les faire vivre nous avons besoin de moyens. Ne pas soutenir ce travail, c’est ne pas reconnaitre le rôle des aidants non professionnels et donner un signal très négatif à la démocratie participative.

Il est impératif qu’au travers du concept de rétablissement, les patients soient aidés et accompagnés pour exercer leur place de citoyens et que leur parole soit entendue. Mais la vulnérabilité des personnes en situation de handicap psychique est grande et le chemin qui reste à parcourir pour qu’ils puissent exercer pleinement et de façon continue leur rôle de citoyens auprès des instances représentatives de la démocratie sanitaire est encore long.

Promouvoir, protéger et assurer la dignité, l’égalité devant la loi, les droits humains et les libertés fondamentales des personnes en situation de handicap, rendre les droits fondamentaux effectifs au regard des normes internationales reste plus que jamais notre combat commun.