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Pourquoi demandons-nous, nous aussi, la PCH mutualisée ?

le 16 mars 2016

Depuis quelques années se développent des formules d’habitat regroupé et d‘habitat partagé (par exemple, les familles gouvernantes) qui sont, pour les personnes handicapées psychiques, une alternative à des structures d’hébergement médicosociales et répondent au souhait de certaines d’entre elles.

Dans ces dispositifs, qui contribuent à une meilleure insertion dans la cité, les personnes ont besoin d’être accompagnées et soutenues au quotidien par des professionnels et la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) mutualisée permet un accompagnement pérenne.

Or cette mutualisation est possible dans certains départements seulement, voire accordée un temps puis supprimée, car la PCH est une prestation individualisée, accordée (rarement en ce qui concerne le handicap psychique) en fonction des besoins de la personne hébergée à domicile.

L’Unafam, en novembre 2014, avait exposé cette difficulté à la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion. Ce problème a été entendu et lors de la dernière Conférence nationale du handicap, le Président de la République a proposé cette mutualisation. Il s’agit maintenant d’inscrire officiellement cet engagement, qui date de décembre 2014. C’est une possibilité, qui ne supprime pas la PCH individuelle.

Une concertation et des travaux relatifs à la PCH débuteront prochainement avec le Secrétariat d’État chargé des Personnes handicapées afin de faire des propositions visant une meilleure équité dans l’attribution de la PCH. Ce groupe de travail abordera notamment la mise en commun de la PCH.

L’Unafam, qui participera à ces travaux, demande :

  • d’améliorer l’accès à la PCH pour les personnes handicapées psychiques (les critères d’éligibilité sont actuellement adaptés essentiellement au handicap physique),
  • de permettre l’attribution de la PCH, prestation individualisée, aux personnes handicapées psychiques qui vivent à leur domicile ou au domicile de leur famille,
  • de permettre de mutualiser les PCH en veillant à respecter le projet de vie des personnes, et ainsi en leur donnant la possibilité d’accéder, dans la durée, à un habitat regroupé avec l’accompagnement nécessaire.

Bien entendu, devant le déficit criant de solutions de logement et d’hébergement, nous redirons la nécessité :

  • de développer les services d’accompagnement pour les personnes en logement autonome,
  • de créer des places dans des structures médicosociales (Foyer de vie, FAM FAM Foyer d’Accueil Médicalisé. , MAS MAS Maison d’Accueil Spécialisée. ), l’habitat regroupé ne répondant pas à l’ensemble des besoins des personnes handicapées psychiques,
  • de proposer une offre d’accueil et d’hébergement adaptée et accompagnée à ceux qui sont à la rue (1/3 des SDF souffrent de problèmes psychiques)

Béatrice Borrel
Présidente