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Lettre de la Présidente octobre 2017 : Des observations préliminaires de la rapporteuse de l’ONU à nuancer

le 25 octobre 2017 -

L’Unafam, lors de sa rencontre avec Catalina Devandas Aguilar le 4 octobre dernier, a rappelé que l’accès aux droits sociaux reste très insuffisant en France pour les personnes vivant avec des troubles psychiques.

Des observations préliminaires de la rapporteuse de l’ONU à nuancer !

L’Unafam, lors de sa rencontre avec Catalina Devandas Aguilar le 4 octobre dernier, a rappelé que l’accès aux droits sociaux reste très insuffisant en France pour les personnes vivant avec des troubles psychiques.

Les besoins de vie ne sont pas pris en compte correctement. Ainsi, obtenir la prestation de compensation du handicap (PCH) pour financer des auxiliaires de vie, accéder à un logement et s’y maintenir est un vrai parcours du combattant malgré la reconnaissance du handicap d’origine psychique par la loi du 11 février 2005.

En particulier, il faut qu’une palette de réponses aux besoins dans le domaine du logement et de l’hébergement soit proposée, partout sur le territoire.

C’est ce point que nous avons aussi développé lors de notre dernière rencontre avec la Secrétaire d’État Sophie Cluzel, en mettant en avant la nécessité de poursuivre le développement de résidences accueil, de familles gouvernantes, de logements autonomes avec accompagnement, mais aussi de foyers et maisons de retraite.

Car si l’Unafam demande une inclusion dans la cité des personnes vivant avec des troubles psychiques, les besoins de certaines d’entre elles en perte d’autonomie, sont de vivre dans des établissements (ce qui ne veut pas dire être coupé de relations sociales dans la cité). Et une totale désinstitutionnalisation ne répondrait pas à leur situation (en particulier celles vieillissantes).

En effet, concernant le handicap psychique, nous sommes loin d’avoir les réponses attendues, de nombreuses hospitalisations dites inadéquates, et des orientations vers la Belgique le montrent trop souvent.

De même la présence de personnes vivant avec des troubles psychiques dans des établissements que ce soit en ESAT ESAT Etablissement et Services d’Aide par le Travail (ex CAT médico-social). , ou autre établissement médico-social dont le projet d’établissement ne prévoit pas leur accueil, est inadaptée. Les personnels, formés seulement aux besoins des personnes déficientes intellectuelles, ne savent pas réagir et répondre à leurs besoins.

C’est aussi ce que nous avons rappelé à la Secrétaire d’État, en lui remettant les préconisations de l’Unafam à ce sujet et nous avons rappelé le travail de l’ANESM sur ce thème.

Pour conclure, je dirai oui, il faut favoriser l’empowerment (pouvoir d’agir) des personnes qui vivent avec des troubles psychiques sévères. Il faut par des soins adaptés et de qualité, un accompagnement social dès le début des troubles, mais aussi de l’éducation thérapeutique, pour réduire voire éviter le handicap psychique.

Oui, il faut dès le début des soins, soutenir, former les familles pour qu’elles étayent leurs proches, afin qu’ils puissent regagner de l’autonomie, et aller vers le rétablissement.