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Lettre de la Présidente juillet 2017 : Stigmatisation : trop c’est trop !

le 21 juillet 2017 -

Stigmatisation : trop c’est trop !

En moins d’une année viennent de se produire des faits graves de discrimination en direction de personnes vivant avec des troubles psychiques et de la psychiatrie.

En septembre 2016, la bande-annonce de l’émission "Touche pas à mon poste" (sur C8) présentait des clichés stigmatisants : l’animateur dans un décor d’hôpital psychiatrique, entouré de personnes en camisole, criant, se débattant… Cette vidéo a suscité l’indignation, entre autres, de l’Unafam. Il a fallu, par la suite, des évènements discriminants par rapport à d’autres publics pour qu’enfin les excès de cette émission soient condamnés.

Le 24 juin 2017, l’émission "Fort Boyard" montre une épreuve qui s’intitule "l’Asile" et présente, dans une cellule capitonnée, un candidat portant une camisole de force, gesticulant de façon ridicule, poussant des cris…

De nombreuses familles et des personnes malades ont été scandalisées par cette représentation de leur situation et, de façon générale, de la psychiatrie. Ceci m’a amenée immédiatement à écrire une lettre ouverte à la présidente de France Télévisions.

Devant la réponse de France 2, proposant seulement des "ajustements" (sic) de l’émission, j’ai porté plainte auprès du Procureur de la République au nom des adhérents de l’Unafam (pour injures publiques et discrimination).

Nous avons aussi saisi le Défenseur des droits et, parallèlement, interpellé le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, ensemble (malades, familles, soignants et professionnels du soin en psychiatrie), afin que celui-ci veille au respect de la dignité de la personne humaine.

Devant nos réactions, ça et là, des propos tenus par certains médias sont "aussi bêtes que méchants". Ils se reconnaîtront.

Nous avons, à chaque fois, rappelé que les personnes souffrant de troubles psychiques sont d’abord des personnes malades, que la stigmatisation et les discriminations ont des conséquences directes sur leur santé, pouvant entraîner le refus de se soigner. Cette stigmatisation systématique de la maladie et du handicap psychiques augmente le manque d’estime de soi de ces personnes, les isole davantage, et les rend plus vulnérables.

Un des axes de notre plaidoyer pour un plan psychique est "la lutte contre la stigmatisation et l’accès à la citoyenneté". Nos nouveaux politiques vont-ils s’en saisir ?