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Faut-il qu’un parent d’un patient psychiatrique soit curateur ? Curateur à la personne ? Subrogé curateur ?

Il advient par exemple que des patients souffrant de troubles bipolaires soient, en période d’équilibre de l’humeur, conscients de leurs troubles et des dommages qu’ils engendrent. Ils demandent alors eux-mêmes à être protégés par ses père et mère ou l’un d’eux. Dans cet exemple il y a de fortes chances que les rapports se passent bien.

Cependant dans un 19 cas sur 20 sinon 30, il n’est pas souhaitable que des discussions d’ordre financier s’instaurent entre les parents et l’enfant. L’impératif qui doit primer est celui de la conservation des meilleurs rapports possibles entre le patient et ses parents, pourquoi ?

Il y a trois sortes d’acteurs principaux autour du malade psychique : le patient, les soignants et les parents et proches. Il est primordial que de bons rapports se pérennisent entre eux et entre le patient et eux. Toute discussion d’ordre financier entre un curateur aux biens et le protégé peut entraîner des tensions, il faut éviter que ces tensions s’instaurent antre le patient et les parents et les proches.
Le parent s’abstiendra d’être curateur aux biens.

Il arrive souvent même que le patient soit en rupture avec les soignants et les acteurs sociaux, et que les parents se trouvent les seuls à rester en lien avec lui, c’est chose précieuse qui faisait déclarer au congrès de l’Unafam de janvier 2007 par Madame le Professeur Marie Christine HARDY-BAYLE : « les parents sont des co-thérapeutes ».

Si en curatelle simple il y a peu de risques de conflit, ils peuvent être nombreux voire perpétuels en curatelle renforcée où le patient est souvent dans le déni de ses troubles. Leur tendance à l’inadaptation à la réalité pratique et ce déni les porte à ne pas comprendre le cadrage financier nécessaire.

La loi du 5 mars 2007 mettant à la charge du curateur de s’occuper non seulement des biens mais aussi de la personne du protégé et prévoyant la possibilité de la nomination d’un autre curateur et d’un subrogé curateur permet aux parents et aux proches de jouer pleinement leurs rôles en étant curateurs à la personne et/ou subrogés curateurs. Le protégé doit en être le bénéficiaire.

Il est donc prudent de laisser la curatelle aux biens aux mandataires judiciaires à la protection des majeurs, et important qu’un parent ou un proche soit curateur à la personne et/ou subrogé curateur, ce qui implique un bon dialogue et une entraide entre les intervenants, évite que des carences et omissions s’éternisent et permet que la qualité s’instaure autour du protégé.

Quelles peuvent être les missions du curateur à la personne ?

Citons en quelques uns à titre indicatif et non exhaustif :

  • voir si les soins sont adaptés et suffisants ( contacts et démarches auprès des soignants et acteurs sociaux pour les coordonner et les compléter),
  • voir si le logement est adapté, aider à en rechercher un, ou bien une structure,
  • aider à la recherche et à la mise en œuvre d’activités
  • oeuvrer pour le retour au travail
  • établir avec le protégé et le curateur aux biens un projet de vie et le réactualiser,
  • faire à trois ( le protégé et les deux curateurs )
    • l’inventaire et ses réactualisations
    • le budget
    • le point annuel, semestriel ou trimestriel
    • les états des lieux
  • aider à programmer ses achats quotidiens, et bien d’autres qui pourront apparaître au cours de la curatelle.

Les curateurs professionnels sont surchargés de travail, et, à moins d’être touchés familialement par le handicap, sont rarement à même de connaître les maladies psychiques, la façon dont elles invalident la personne et la font souffrir, et leur variabilité déroutante.

Les réactions des patients leurs semblent souvent déconcertantes, l’Unafam les connaît. Par les accueils, les groupes de parole, les soirées et journées à thèmes, le programme « P. A. C. T ». et le programme « Pro-Famille » notamment la version 2, le groupe d’entraide « Prospect » et bien d’autres actions, l’Unafam contribue à informer et à former les parents et proches, à leur donner une vision réelle de ces maladies ainsi que des habiletés envers le malade et envers les autres acteurs.

Les curateurs professionnels n’ont généralement pas la formation nécessaire dans le domaine des maladies psychiques.

L’heure n’est donc plus au repli et à la méfiance, il ne s’agit pas de défendre un territoire ni une tranquillité, elle est au dialogue et à la collaboration.

Tous seront gagnants, notamment les professionnels et les protégés et c’est bien l’intérêt de ces derniers qui doit guider notre vision et motiver nos actions.