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Discrimination des personnes malades psychiques ?

le 17 décembre 2015 -

Depuis la loi du 11 février 2005, les personnes en situation de handicap psychique ont théoriquement accès aux compensations de leur handicap, aux aides et accompagnements nécessaires pour vivre le mieux possible, en fonction de leur projet de vie et de leur situation du moment.

Or aujourd’hui, c’est-à-dire plus de 10 après cette loi, seule une minorité des nôtres peut accéder à l’ensemble de ses droits.

Le taux d’incapacité, reconnu très majoritairement en dessous de 80% du fait d’un guide d’évaluation inadapté, a pour conséquence de les priver de ressources complémentaires telles que la majoration pour la vie autonome.

Encore plus importante est la quasi-impossibilité d’accès à la PCH (Prestation de Compensation du Handicap) car, là encore, les critères l’éligibilité sont complètement inadaptés (référence à des capacités physiques). Or nous savons bien que les personnes malades psychiques ont besoin prioritairement d’aide humaine. Celle-ci étant primordiale, en particulier pour leur maintien à domicile.

Or cette absence de prestation est rarement compensée par des accompagnements par les SAVS SAVS Service d’Accompagnement à la Vie Sociale (Services d’accompagnement à la vie sociale) ou les SAMSAH SAMSAH Service d’Accompagnement MédicoSocial pour Adultes Handicapés (Services d’accompagnement medico-social pour adultes handicapés), ceux-ci étant très insuffisants en nombre. De plus, il n’y a pas de financements possibles pour des aides à domicile (comme pour les personnes âgées).

De même, nous constatons : un déficit de places dans les Esat ESAT Etablissement et Services d’Aide par le Travail (ex CAT médico-social). (Etablissements et services d’aide par le travail), que l’AAH AAH Allocation Adulte Handicapés (Allocation Adulte Handicapé) est supprimée pour un emploi à mi-temps en milieu ordinaire, qu’il manque des logements accompagnés et d’établissements médico-sociaux. Quant aux GEM GEM Groupe d’Entraide Mutuelle (Groupes d’Entraide Mutuelle), aucune augmentation pour leurs financements n’est prévue en 2016. Pourtant si l’on regarde le rapport insertion sociale/évitement hospitalisation et leurs coûts… leur utilité n’est plus à démontrer !

Nous entendons : « Mais ce n’est pas l’État ! », « C’est de la responsabilité des Conseils Départementaux ! », « Non, c’est du ressort de l’Agence Régionale de Santé ! »… Ici, il faut des cofinancements, des CPOM (Contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens), ailleurs c’est le plan prioritaire pour tel handicap ou la loi sur l’adaptation au vieillissement de la population. On nous parle de groupes de travail, de réunions sur ces sujets…

Tout cela est vrai, nous sommes conscients des besoins et des difficultés, mais notre question est : « Quand ? »

Quand les personnes souffrant de troubles psychiques seront elles réellement prises en compte ?

Je lance un appel aux pouvoirs publics dans leur ensemble, QUAND  ?

Je vous souhaite de douces fêtes de fins d’année.

Béatrice Borrel
Présidente de l’Unafam